A travers l'Europe

L'Europe, du nord au sud, de l'est à l'ouest

Le long de la Via Egnatia, de Ohrid à Edessa

Octobre 2025


La Via Egnatia est une ancienne voie romaine reliant Durrës à Istanbul (Constantinople, en fait...) en passant par Thessalonique. Elle permettait au flux de voyageurs et de marchandises qui avaient emprunté la Via Appia depuis Rome et traversé l'Adriatique de poursuivre en direction du Bosphore. Nous allons donc tenter de refaire le voyage en transports publics et allons cheminer à travers une région riche en histoire, qu'elle soit antique ou contemporaine !

Le deuxième périple de long de cette Via débute formellement à Ohrid, en Macédoine du Nord, et se termine à Pella, en Grèce. Mais, avant ceci, nous avons bien sûr traversé l'Italie et la Méditerranée. Et l'Alabanie, aussi. Avec un arrêt à Tirana, ville vivante et sympathique. Au retour, nous avons fait un crochet par le Péloponès avant de retraverser la Grande Bleue.

Milan et ses icôniques tram Ventotto datant de... 1928. La ville de Monopoli n'a bien sûr rien à voir avec le jeu presque homonyme. Elle a par contre beaucoup à voir avec le festival international de photographie PhEST, réputé et reconnu loin à la ronde. Le port de Bari reste la porte d'entrée des Balkans. Dürres et son port. Les fondations de la ville de Tirana datent du XVe siècle. La localité devient véritablement une ville sous le reigne des Ottomans au XVIIe siècle. Elle reste de taille relativement modeste jusqu'à ce qu'elle soit élevée au rang de capitale de l'Albanie moderne en 1920. Après avoir été occupée par l'Italie au début de la deuxième guerre mondiale, l'Albanie, et donc Tirana, retrouve son indépendance en 1944 avec la mise en place d'un régime communiste sous la direction d'Enver Hoxa, qui resta le dirigent du pays jusqu'à sa mort en 1985. öe régime communiste chuta lui en 1991. Durant la période communiste, la ville se développa rapidement, tant démographiquement et économiquement que culturellement. L'université, des théâtres, un opéra, des studios de cinéma y seront construit. Cependant, pour assurer ce développement, de nombreux bâtiments historiques ont été détruits. Un ou deux quartiers ou immeubles ont fort heureusement résisté, même si les traces ottomanes sont plutôt rares. Sur la place Skanderberg, la mosquée Et’hem-Bey datant de 1794 ainsi que la tour de l'horloge datant de 1830, en font partie. On trouvera également, bien à l'abri sous un immense immeuble, la tombe de Kapllan Pasha érigée vers 1820 ou, plus, loin la petite mosquée cachée derrière une forêt de fil aériens du nom de Tabakëve datant du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, quelques constructions marquantes de la période communiste sont mis en valeur. Le musée national et sa fresque populaire sur la place Skanderberg date de 1981. La pyramide de Tirana date de 1988 et devait servir de mosolée à Enver Hoxa.Le parc Ismail Qemali présente des reste des bunkers que l'on trouve dans l'ensemble du pays ainsi qu'un bout du mur de Berlin. Le bâtiment le plus marquant, et visuellement peut-être le plus petit, est peut'être le petit bunker situé au sud de la place Skanderberg. Il donne accès au dédale du musée Bunk'Art 2 retraçant l'histoire de la police secrète albanaise et de la brutale répression communiste de 1945 à 1991. Ce complexe, construit secrètement entre 1981 et 1986 sous le régime sévère d'Enver Hoxha, faisait partie du projet paranoïaque de protection nucléaire, qui a vu la création de plus de 700'000 bunkers à travers l'Albanie. Au XXIe siècle, Tirana connut un boom économique. De nombreux immeubles modernes de grande hauteur ont été construits. De nombreux parcs ont été aménagés et de nombreux arbres ont été plantés. La ville, pas forcément jolie en est devenue plutôt agréable. Afin d'égayer la ville, de nombreuses façades ont été peintes. On y trouve entre autre l'oeuvre intitulée "le soin maternel" (2021) de l'artiste allemand Case Maclaim, ou, en face, l'oeuvre intitulée "Biblioteka" (2020) de Franko Dino, peinte sur l'imeuble où vécu l'écrivain Ismaël Kadare (1936-2024). C'est du Terminali Lindor I Autobusave, la gare routière de l'est, que partent les bus pour la Macédoine. Et c'est à Ohrid que nous reprenons effectivement le parcours de la via Egnatia. En embarquant à bord du car pour Bitola ! La gare routière de Bitola. Et la gare ferroviaire. Les rares trains en provenance de Skopje circuleront peut-être un jour à nouveau en direction de Florina, le dernier départ d'un train de voyageur en direction de la Grèce remontant à 1991. Aujourd'hui, il n'y a plus de transports publics entre ces deux villes distantes de moins de 40 Km. Les origines de la ville de Bitola remontent à la préhistoire, mais ce n'est qu'au VIe siècle que les Slaves installent la ville sur le site actuel. La ville fait alors partie de l'Empire byzantin, avant d'être rattachée à la fin du XIVe siècle à l'Empire ottoman. Elle devient la troisième plus grand de l'Empire, accueillant de nombreux Turcs ainsi qu'une importante communauté juive. Les Slaves s'installent surtout dans les villages altentour. Au départ des Ottomans, en 1912, la ville passe sous l'administration du Royaume de Serbie, puis est rattachée en tant que république socialiste de Macédoine à la république fédérée de Yougoslavie. Finalement, c'est le 8 septembre 1991 que les autorités du pays proclament l'indépendance. La ville de Bitola est donc aujoud'hui rattachée à la République de Macédoine du Nord, nom officiel du pays depuis 2019. L'ancienne présence ottomane est aujourd'hui matérialisée par quelques bâtiments ou lieux marquants. On y trouvera la mosquée Yeni du XVIe siècle, aujourd'hui musée, le hamam Yeni en mauvais état (yeni signifiant nouveau), probablement du XVIIe siècle, le Bezisten, marché couvert datant vraissemblablement du XVIe siècle, le quartier du Vieux-Bazar, le Hamam Deboy probablement du XVe siècle, aujourd'hui centre commercial, ou encore la mosquée Haydar-Kadi dantant du XVIe siècle et entièrement restaurée en 2016. Elle est la troisième ville du pays derrière Skopje, la capitale, et Kumanovo. L'église orthodoxe Saint-Dimitri date elle de 1830. Celle de la Sainte-Mère de Dieu de 1876. La rue piétonne, en centre-ville, Širok Sokak, ont été construits pendant la seconde moitié du XIXe siècle dans une architecture que l'on retrouve souvent en Europe centrale. Le zoo Un cimetière allemand se trouve à Bitola depuis 1936. Depuis 2012, il existe un accord germano-macédonien sur les sépultures de guerre qui permet au Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge e.V. de s'occuper de sa conservation. Au Ve siècle avant J.-C., le roi Philippe de Macédoine construit la ville de Heraclea Lyncestis en bordure sud-est de la ville actuelle. Elle est construite au carrefour de deux voies importante, dont l'une rele la côte adriatique à la Thrace, l'actuelle partie européenne de la Turquie. Les Romains, qui envahissent la Macédoine au IIe siècle av. J.-C., développent cette deuxième voie en un axe important stratégiquement et économiquement pour l'Empire, voie qui prendra le nom de Via Egnatia. La ville connaitra un développement important et possèdera notamment des fortifications, des basiliques ou un théâtre. Fianlement, elle subira, au IVe siècle les attaques des Ostrogoths, puis au Ve siècle celles des Slaves, qui l'anéantissent définitivement. La ville grecque de Florina se situe à une grosse dizaine de kilomètres de la frontière macédonienne. C'est depuis ici que la ligne de chemin de fer en provenence de Skopje et Bitola est à nouveau exploité. La ville d'Édessa a connu une occupation continue depuis l'Antiquité et fût une ville importante de la Macédoine. Elle devint romaine en 148 av. J.-C. puis byzantine après la division de l'Empire en 395. 1000 ans plus tard, au cours desquels de nombreuses batailles mêlant, entre autre, Slaves, Bulgares ou Grecs ayant pour conséquences de nombreux mouvements de population dans toute la pénincule balkanique, la ville tombe aux mains ottomane en 1390. Si, après la guerre d'indépendance, le royaume de Grèce est reconnu en 1832, la situation ne change pas pour Édessa, baptisée Vodéna par les Ottomans. Il faudra attendre la première guerre balkanique pour que les troupes grècques puissent entrer dans la ville, ce qui sera fait le 18 octobre 1912. Ce jour important est commémoré avec faste, et avec cortège, fanfare et force discours chaque année. Le rattachement à la Grèce sera formalisé après la Seconde guerre balakanique, par le biai du traité de Bucarest, le 10 août 1913. Le 24 juillet 1923 est signé au palais de Rumine le traité de Lausanne qui solde l'Empire ottoman et rend obligatoire le transfert de population en fonction de son origine ethnique. Ainsi, la quasi totalité des musulmans quittent la ville pour la Turquie. Les Bulgares et les Macédoniens sont pour leur part contraints de rejoindre la Bulgarie. Ils sont remplacés par des réfugiés grecs venus de ces pays. Ce sont leurs descendants qui peuplent ainsi la région. Aujourd'hui, Édessa est le chef-lieu de la préfecture de Pella. Elle est connue touristiquement pour ses douze cascades plongeant depuis la bordure de la ville. A proximité de celles-ci, dans le quartier de Varosi, se trouvent les plus anciens bâtiments de la ville. Plus loin, la mosquée Yeni datant probablement de 1875 n'est plus utilisée et tombe en ruine, tout le contraire de l'église métropolite de la Sainte Protection (Agia Skepi) qui a été construite après le rattachement de la ville en 1912. A ses côtés se trouvent des vestiges datant probablement du IVe siècle avant J.-C. En bordure du quartier de Varosi se trouve le musée en plein air de l'eau qui illustre le développement hydrologique et artisanal de la ville. A l'origine, la ville était formée de deux pôles : la ville basse, le Loggos, où l'on retrouve les ruines romaines, et la ville haute où elle se trouve toujours. Les deux parties étaient reliées par des fortifications. Il y reste aujourd'hui quelques maisons isolées, un monastère, les ruines de la cité anhique et beaucoup d'arbres fruitiers. Le monastère de la Sainte-Trinité date de la fin du XIXe siècle. Il a été construit sur un ancien syte byzantin La ville d'Édessa connu peut-être son apogée lorsqu'elle fût rattachée à l'Empire romain, bénéficiant de sa position stratégique sur la Via Egnatia. On y voit, entre autre, une voie à colonnade pavée de 80 mètres de long autrefois bordée de boutiques et d'ateliers. Ce statut de ville étape a favorisé son essor économique. Elle fût abandonnée, pour des raisons stratégique, au VIIe siècle. Au vu de certaines découvertes, la région de Giannitsa est habitée depuis la fin du VIIe milénaire avant J.-C. Beaucoup plus tard, L'Empire romain fit passer la Via Egnatia ici, mais la localité, située entre les deux villes étapes importante qu'étaient Édessa et Pella, n'en tira aucun réel avantage. Ce n'est probablement que sur la fin de l'Empire byzantin, autour de 1385, que le bey Evrenos s'installa à cet endroit et fonda réellement la ville sous le nom de Yenice Vardar et c'est à ce moment que débuta la colonisation ottomane. Les thermes datent de cette époque. Evrenos sera enterré dans cette ville, qui deviendra alors un lieu saint. Son mausolée, restauré au début du XXe siècle, a été construit en 1417. La Grande Mosquée, ou Mosquée Iskender Bay, du nom du petit-fils d'Evrenos, aujourd'hui dans un triste état, fût construite au XVe siècle. Le mausolée d'Ahmet Bey Evrenosoglou, très bien restauré, mais coincé entre des immeubles résidentiels date de la même époque. Plus tard, vers 1754, fût construite la tour de l'horloge, haute de 25m. La petite église rouge d'Agia Paraskevi a été construite au XVe siècle en tant que mosquée et fût convertie en 1951. Elle est remplacée dans sa fonction par la nouvelle église située à ses côtés et datant de 2012. La ville fût, comme toute la région, le théâtre de nombreuses querres ayant pour toile de fond la lutte contre les Ottomans. La bataille de Giannitsa fut l'une des plus importante de la Première guerre balkanique. Le 20 octobre 1912, les forces grecques purent entrer dans la ville et ainsi ouvrir la voie à la libération de Thessalonique. Cette victoire est ici aussi fêtée avec joie, musique et drapeaux. La population de la ville subira également le sort des déplacés suite au traité de Rumine de 1923. L'église Saint-Georges, dont la fondation date de 1948, est associée à l'histoire des Grecs déplacés de la Thrace orientale, dont une partie de la population transféra leurs objets liturgiques vers leur nouvelle patrie. Le village de Pella est une petite bourgade d'environ 2'000 habitants vivant au rythme des saisons agricoles et du passage des touristes. Si son secteur agricole produit nombre de fruits et de coton, c'est du côté de l'histoire qu'il faut chercher pour expliquer la venue des touristes. Pella a été fondée vers 400 avant J.-C. pour devenir la capitale de la Macédoine antique à la place de l'ancienne Aigai. C'est dans cette ville qu'est né le 21 juillet 356 avant J.-C. le roi Alexandre III de Macédoine, communément appelé Alexandre le Grand. La ville resta la capitale jusqu'à la dissolution de l'État macédonien par les Romains, qui la mirent à sac en 168 avant J.-C. Traversée par la Via Egnatia, Pella devient dans un premier temps la capitale du troisième district de Macédoine. Elle ne retrouvera cependant plus la grandeur que fût la sienne à l'époque du Royaume de Macédoine. Même si Cicéron y séjourne en 58 avant J.-C, le siège de la province est transféré à Thessalonique qui devient rapidement plus importante que Pella. Les principales ruines visibles aujourd'hui sont celle de la cité macédonienne. La cité romaine a elle été construite un peu plus à l'ouest. La ville était en fait bâtie sur l'île de Phacos, un promontoire qui dominait au sud les marais aujourd'hui asséchés qui ouvrait sur la mer à l'époque hellénistique. Les sédiments apportés par les fleuves de la région ont repoussés les côte de 25 Km. Edessa La station service d'Almyros II sur l'autoroute E75, entre Vólos et Lamia Athène, la gare routière de Kifisou Athène, la gare Kiato, point de transbordement entre le réseau urbain d'Athène et le train régional à destination de Diakopto et Aigio Diakopto, agréable petit port de pêche et point de départ de la ligne de chemin de fer à crémaillère en direction de Kalavrita Aigio, ville d'environ 20'000 habitants, est le terminus actuel de la ligne de train en provenance d'Athène. Son prolongement en directrion de Patras se fait attendre... le voyage continuera en car ! Patras, point de transit inévitable en direction de l'Italie. Bari. Autre point de transit inévitable (et tout-à-fait agréable) Le retour se fera avec un inévitable et trop bref arrêt dans les Pouilles, puis en train de nuit pour Milan. Locorotondo Cisternino Milan